BREST – TOURS : LA BRETAGNE, CA VOUS GAGNE !

550 kms en 4 jours – Mai 2014

Gens : le Padre, Raph.

Premier jour : de Brest à Kergoff, 138 kms


On part de Paris, Papa et moi, le mercredi soir sur les coups de 19h. On finit par trouver chacun dans notre wagon un compartiment assez large pour accueillir nos vélos démontés avec leur housse. On n’a pas réitéré la méthode sac poubelle des précédentes épopées car non seulement c’est un peu galère à chaque fois, surtout quand tu changes de train et en plus, un contrôleur un peu pointilleux peut te facilement coller une prune !

N’empêche que le trajet est long pour arriver à Brest : 4h30 de train ! J’avais chouré à Louise avant de partir un petit livre qui ne pèse rien du tout : « La morale anarchiste » de Kropotkine. Au bout de 20 minutes je suis obligé d’abandonner, ce bouquin est totalement insipide. Ce qui fait qu’il me reste 4h10 à me tourner les pouces. Heureusement Papa a la bonne idée d’acheter des bières.

Pour faire passer le voyage

Pour faire passer le voyage

On arrive à Brest et on se dirige vers l’hôtel place de Strasbourg. Le temps de retrouver notre chambre et de s’allonger, on s’endort vers 1h du mat.

Levés jeudi à 8h. Le temps est dégueulasse ! C’est du bon crachin breton.

Au départ de Brest

Au départ de Brest

Pas le temps ni la possibilité de voir la mer dans ces conditions. Après un petit petit déjeuner, on s’lance vers Landerneau qu’on atteint au bout d’une petite demi-heure. On prend ensuite la route de Sizun et sa belle église.

L'heure est grave devant l'église de Sizun

L’heure est grave devant l’église de Sizun

Arrivés au village, on s’attable pour le 2e petit déjeuner parce que ça faisait bien une heure qu’on avait rien avalé. Et puis Papa n’avait pas eu de café et démarrer une journée vélo sans café, c’est pas humain. Au bar, une jolie serveuse asiatique claque la bise à tous les gars du coin, ravis de cette charmante compagnie qui leur remplit régulièrement leur verre.

On renfourche le vélo avec pour objectif Huelgoat à midi. Le temps est toujours pourri mais heureusement le vent semble souffler dans notre dos. On traverse une partie des Monts Arrée et on rentre dans le parc régional d’Armorique.

La Feuillée est un charmant camping au nom plein de promesses

La Feuillée est un charmant camping au nom plein de promesses

Huelgoat a l’air assez joli. En l’honneur de la barwoman rencontrée à Sizun, on mange vietnamien : riz cantonnais, porc laqué, samossa et bonbons de gingembre : « Avec ça, Madame t’ès contente ».

Papa devant la gargotte vietnamienne

Papa devant la gargotte vietnamienne

Derrière Huelgoat, c’est très joli, petite rivière, forêt et léger dénivelé, ça donne bien envie de s’y balader à pied. On récupère la V6, une piste cyclable qui traverse le centre de la Bretagne sur l’itinéraire d’une ancienne voie de chemin de fer.

La piste cyclable remplace l'ancienne voie de chemin de fer

La piste cyclable remplace l’ancienne voie de chemin de fer

La fin du monde est proche...

La fin du monde est proche…

...mais les guerriers de la pédale sont prêts !

…mais les guerriers de la pédale sont prêts !

Si Les coins traversés ne manquent pas de charme, le revêtement est assez inégal. D’autant qu’avec la pluie, la terre devient rapidement boueuse. On passe au nord de Carhaix, on traverse Rostrenen et Gouarec pour finalement parvenir à notre destination dans un camping sur les bords du lac de Guerlédan. L’endroit est super sympa avec rochers escarpés et chemin qui borde le lac.

Prise de vue d'un romantisme sauvage

Prise de vue d’un romantisme sauvage

On s’attable à une pizzéria crêperie et deux crêpes à l’andouillette de Guéméné plus tard, on souffle un peu après une bonne première journée.

On rentre au mobil home avant que la nuit ne tombe. Nous attendent nos affaires trempées en train de fumer à côté du chauffe-eau ouvert plein gaz. Cette première journée s’est plutôt bien passée. Malgré le nombre de kms (138), pas trop mal au dos ni aux genoux.

 

Deuxième jour : de Kergoff à Redon, 129 kms


Le lendemain, la météo est un peu plus clémente. Le ciel est nuageux mais pas menaçant. On fait notre pause à l’Intermarché de Mur-de-Bretagne. Un bon kouign-amann et des gâteaux bretons pour se mettre dans le bain breton.

Notre meilleur ami

Notre meilleur ami

Avec 1500 calories en plus, nous partons sur des petites routes départementales qui ne manquent ni de charme ni de dénivelé. On finit par rejoindre le canal de Nantes à Brest que l’on suit pendant quelques kms mais le revêtement en nids de poule me flingue le dos. A ce moment-là, un panneau nous propose de visiter l’abbaye de Timadeuc. C’est chose faite autour de midi : on achète leurs spécialités locales (les pâtes de fruit) et on assiste à l’office de sexte. Le chant grégorien nous repose bien.

Pause spirituelle à l'abbaye de Timadeuc

Pause spirituelle à l’abbaye de Timadeuc

On reprend par les petites routes puis à nouveau par le canal qui est magnifique. La verdure et le soleil nous offrent des paysages bucoliques à souhait.

Hombre !

Hombre !

Le long du canal

Le long du canal

Les villes qu’on traverse sont elles aussi pleines de charme, notamment Josselin ou nous déjeunons, en face du Château de Malestroit.

Josselin et son château

Josselin et son château

Sur les petites routes

Sur les petites routes

On quitte le canal un peu plus loin pour prendre une départementale qui le longe. C’est à ce moment qu’on devient rudement efficace : on se met en formation gruppetto, très proche l’un de l’autre pour contrer le vent, et tous les kms on change de leader. Ca attaque bien les jambes mais les résultats sont là : on fait du 28 km/h de moyenne avec des points à 35 sur le plat. La fatigue commence tout de même à se faire ressentir. Heureusement, on n’est plus trop loin de notre destination : la demeure de Dame et Sieur Regnault qui nous accueillent royalement nous et nos montures. On prend l’apéro au soleil et on enchaîne avec un diner solide et une nuit réparatrice. Merci les Regnault pour cet accueil qui nous a permis de bien nous reposer !

 

Troisième jour : de Redon à Angers, 143 kms


Le matin au réveil, il pleut à grosses gouttes. On prend donc un peu plus de temps pour se préparer. Vers 10h, il faut bien s’élancer. Trois secondes plus tard, y’a plus grand-chose qui est au sec… Ca nous empêche pas d’admirer les petits manoirs entre la Balue et Avessac, ni la beauté de la route qui serpente entre les champs et blé et les bois. Là aussi, le vent nous aide à avancer plus vite vers Guéméné.

La pause déjeuner se fait sur les marches d’un bâtiment de la mairie de Moisdon-la-Rivière. Au menu un poulet rôti pour deux, des rillettes en direct de chez le boucher, une bouteille de cidre, 2 pains à l’abricot et aux figues, un sandwich crudités poulet, un Paris-brest (on devait) et un fraisier. Pour ne rien vous cacher, on se sentait assez lourds au moment de repartir ! Les kms s’enchaînent jusqu’à Candé et le soleil est revenu.

Avant le déjeuner

Avant le déjeuner

Après le déjeuner

Après le déjeuner

A Angrie, on bifurque dans les petites routes de campagne qui sont ravissantes : les champs sont en fleur, les oiseaux chantent, et les vaches rient. A trop regarder la faune et la fore, je me plante de chemin qui nous oblige à un petit demi-tour. A partir de la Meignanne, c’est un peu moins sympa, le trafic est plus dense et la banlieue semi-urbaine d’Angers n’a que peu d’attraits.

A l'entrée d'Angers

A l’entrée d’Angers

On atteint Angers vers 17h30 après 143 kms ! Juste le temps de se changer avant de participer à la messe à Notre dame des Victoires. Suites aux derniers kms, mon dos est vraiment douloureux et je boîte à moitié. Heureusement, Papa me guide vers un bon petit restaurant dont il a le secret, histoire de se requinquer : le comptoir du café, des bons plats a des prix sympas. On déguste pas mal de vins pour accompagner nos plats : Sancerre, Chablis, Chinon, Saint Joseph, Margaux. On boit ensuite 1 bon litre d’eau en prévision de la nuit et de la journée à venir.

 

Quatrième jour: Angers-Tours pour Rapha, 115 kms; Angers-Niort pour Papa, 155 kms


C’est là que nos chemins se séparent avec Papa. Il repique plein sud vers Niort tandis que je continue vers l’Est et Tours. La direction n’est pas neutre : il va avoir le vent de face pendant les 150 kms qui lui restent à parcourir… A l’heure où j’écris ces lignes (19h15 à ma montre), je suis arrivé à Tours depuis 15h45 alors qu’il pédale toujours… Mouahahaha !

Le début de mon trajet était assez aride. Au sortir de Tours, beaucoup de voitures et de maisons. C’est à partir de Beaufort en Vallée que ça s’est nettement amélioré : la nature reprenait ses droits et ça en devenait presque sauvage. Notamment le tronçon very beautiful entre Beaufort et Mouliherne. Vers 13h30 mon ventre crie famine et à Channay-sur-Lathan je décide de m’arrêter. Malheureusement rien d’ouvert. Je poursuis jusqu’à Savigné-sur-Lathan. Miracle ! Un bar est resté ouvert. A l’intérieur, des gens marrants dont la gérante de 50 ans qui attend un prétendant un peu âgé pour l’emmener sur son cheval blanc. Une américaine qui me claque la bise et me demande si j’ai des enfants. Un groupe de gens du coin qui se chambrent à qui mieux mieux. J’avale les 3 sandwichs et mon demi tout en discutant.

Chateau sur la route

Chateau sur la route

La suite de la route me conduit à Cléré-les-prins par une très jolie route Fondettes puis Tours le terminus.

Gare de Tours

Gare de Tours

Après 4 jours et 520 bornes, les jambes répondent encore. Par contre l’entrejambe est devenu très sensible et mon dos coince un peu.

 

Raphael

CLERMONT – CLERMONT : FORETS ET COLS DU MASSIF CENTRAL

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189 kms en 2 jours – Mai 2013

Gens : Rapha, Louma, Charlox, BamBam.

Premier jour : de Clermont-Ferrand à Riom-ès-Montagnes, 91 kms

Deuxième jour : de Riom-ès-Montagnes à Clermont-Ferrand, 98 kms

Départ de Clermont, ville froide et un peu moche. Beau ciel bleu et sec, on se ravitaille au 1er qu’on trouve en faisant la razzia sur les snickers, bounty (kiffe) et Twix low cost. C’est pas le 1er raid et on a connu la faim. On s’en fourre dans les poches parce qu’elle vient vite la garce. Rapha est en tout noir il lui manque juste le masque et la cape. Son Tornado qu’il a baptisé Black Swag connaîtra une triste fin l’été suivant, écrasé par une valise ou un voyageur bien con, on ne saura jamais. Je le vois encore, piaffant d’impatience, trouvant toujours son maître trop lent, rêvant de cols et de descentes aux freins brûlants ! Paix à son âme. Charlox est tranquillle, vélo soft, softshell, chelle confortable. Il sait que ça va pas être facile mais ne le montre pas. Ptites blagues, calembours, gueules de con, mais l’air de rien il reste concentré. Depuis il s’est inscrit au triathlon et veut un corps d’athlète. C’est un bon gars. A côté y’a Bambam (expression qui lui est chère et qui résume bien son volontarisme et son absence de réflexion, c’est aussi une chanson dynamique de King Charles). Bambam a empilé ses multiples couches, damar, Tshirt, pull, polaire, re-polaire et gros manteau de 15 kg . Autant de pauses au cours de la montée, autant de poids dans son sac, et finalement autant de dons à nos différentes personnes. Quant à moi, j’ai un vélo blanc et le mollet frétillant, je suis bouillant.

Le plein fait on enfourche, traversée rapide de Clermont en faisant gaffe de prendre la bonne sortie et on attaque la 1ère montée. Bambam commence son sketch et son gros sac prend de la bedaine. On reconnaît que sa brèle, Tinazzi, n’a pas de plateau pour la montée. A l’époque le cycliste était un chaud, et puis il n’avait pas les 20 kg de fringues sur le dos. On se fait doucement les mollets, on aperçoit des puy par ci par là, en pierre noire ou recouverts de forêt. Ca fait d’abord plutôt minier puis ça se transforme en collines.

Le Clan des Anciens se réunit à l'écart

Le Clan des Anciens se réunit à l’écart

On grimpe par des petites routes peu empruntées, rythme soft et le groupe s’écartèle doucement. En arrivant sur St Nectaire, beau village de la France éternelle, perché sur un monticule et qu’on surplombe, tout est noir. Les nuages se sont concentrés, bien tassés, et font un plafond dense au-dessus du bled.

Juste avant Saint-Nectaire, sous la pluie

Juste avant Saint-Nectaire, sous la pluie

On dévale sous la pluie, descente casse gueule où il faut : profiter de la vue, le coin est grandiose et on a pas envie d’en louper une seule goutte, descendre bien vite parce que c’est comme ça que c’est drôle et puis parce que les 1ère gouttes nous réveillent le visage, zipper son blouson (lâchage de guidon) parce que ça caille quand on est dans le vent ! On se prend tout de même la sauce mais on parvient à s’abriter sous le porche de l’église, avant de casser la croûte dans le resto à côté.

Au resto, BamBam est en mode Fakir

Au resto, BamBam est en mode Fakir

Après je ne m’en souviens pas trop. Début de montagnes verdoyantes avec des vallées relativement encaissées, route mignonne puis on arrive à Rion es montagne où l’on se tape une royale pizza devant un match de ligue des champions avant de s’écrouler à quatre dans la même chambre d’un petit hôtel bordant la zone industrielle, très sympa. Raphaël parle pendant une bonne partie de la nuit… Un jour je le ferai taire, définitivement.

A Rion es montagne, en route pour la pizza

A Rion es montagne, en route pour la pizza

On repart de bon matin direction … Clermont ! La route passe par des hauteurs de plus en plus fraîches, avec des lacs bien plats aussi. Ils ont installé une station de ski dans le coin, Super Besse, mais ce n’est plus trop la saison, on voit déjà des arbres en feuille malgré la neige qui les entoure.

La côte en lacet au milieu des champs de colza

La côte en lacet au milieu des champs de colza

Ca monte et ça descend bien, BamBam s’en use les guiboles et on finit par se répartir les 10 kilos de fringues que contient son sac, l’un de ses genoux menaçant de lâcher. C’est un bon partenaire de trip, mieux vaut l’économiser. Et on arrive comme ça gentiment à Clermont après être passé par Contin, ville peu mémorable (Pas un seul souvenir en tous cas…), on s’envoie la visite express de la cathédrale avant de prendre le train et une prune, dans le train, pour nous apprendre l’existence du supplément vélo. Le truc est à priori de ne pas s’installer juste à côté de son vélo, et de ne pas se faire repérer comme un éventuel propriétaire dudit vélo, genre le mec un peu crade, en cycliste, qui dort limite encore avec son casque et ses lunettes de soleil (le coup de barre ça prévient pas). A travailler.

 

Louma

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Super Besse

Super Besse

Une belle brochette

Une belle brochette

Dès qu'on a trouvé l'abri, la pluie s'est arrêtée

Dès qu’on a trouvé l’abri, la pluie s’est arrêtée

Affiche de notre prochain court-métrage : la brute, l'idiot, et le nabot

Affiche de notre prochain court-métrage : la brute, l’idiot, et le nabot

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Nous étions dans un état proche de l'Alaska

Nous étions dans un état proche de l’Alaska

Les voitures se font plus petites en nous voyant débouler

Les voitures se font plus petites en nous voyant débouler

Un peu avant d'arriver sur Clermont

Un peu avant d’arriver sur Clermont

DIJON – SAINT-DIZIER : A L’ASSAULT DU PLATEAU DE LANGRES

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223 kms en 2 jours – Avril 2013

Gens : Louison, Bambam, Caroline, Rapha, Charlox, Baudouin.

Premier jour : de Dijon à Langres, 101 kms

Deuxième jour : de Langres à Saint-Dizier, 122 kms


Gros gros week end encore une fois. Vla t’y pas que le samedi matin, 8h36, tout le monde en voiture ! Alors que la moutarde nous monte au nez, nous nous raillons de la vitesse peu excessive de ce train. Outre ces heureux jeux de mots, ce trajet sera surtout une douce fin de nuit allongé sur des sièges bien heureusement vacants avec la tête entourée d’une écharpe pour empêcher cette stupide lumière de venir agresser mes pupilles.

Mais debout les morts! Nous sommes déjà à Dijon. On charge la mule de victuailles diverses et équilibrées : saucisses à faire griller sur le feu, chamallow à faire fondre sur le feu, bière à boire au coin de ce même feu. Je ne me souviens pas du reste, probablement un peu d’eau, des faux twix a te dégouter des barres chocolatées, et quelques pommes sans grand intérêt vu que c’est pas la saison.

Nous chargeons direction Langres à travers les plaines de la Côte d’or et la Haute-Marne. Le temps nous gâte. Ciel bleu, quelques nuages, les paysages sont très beaux. Ca file doux, ça file droit. Direct, y a de la négo dans l’air. Lorsque les attributs du sujet, Raph en l’occurrence, sont posés, il est clair que celui-ci gardera la carte. On ne prend pas la carte à un Raph. Un Raph possède, maitrise et explique la carte à ses frères de meute. Raph garder carte, ok ? Bien entendu, nous avons encore été abusés et comme par hasard on prend un chemin un peu plus long que prévu (« nan mais tu vas voir c’est super joli, et puis quand y a des montées c’est beaucoup mieux, y a plus de charme c’est évident. »), qui, adroitement, ne va pas droit au but justement. Mais bon, lorsque les week end vélo seront une démocratie ou j’aurai mon mot à dire, ils n’existeront surement plus en fait. Alors, je me tais et je trace ma route !

En haut d’une bonne côte, l’heureux évènement arrive enfin. On mange et on vide les bouteilles de pinard. Ça rigole rapidement aussi sec que cette bonne piquette et c’est déjà l’heure de la sieste. Puis on a quand même un bon 60 bornes à finir avant d’aller dormir. Donc, vaillants, et surtout réalistes, nous repartons.

Ça descend, ça monte, ça discute, ça freine. Que du bonheur. Je ne vous mentirai pas, je ne me souviens plus de cette partie. Je suis un mec honnête. Toujours est-il qu’on arrive à Langres sous un soleil magnifique et qu’on s’active pour faire des courses supplémentaires pour le soir. En fait on avait p’tet pas acheté les bières avant. Mais ça reste anecdotique, enfin je crois.

Langres c’est une mini colline posée au milieu de la plaine, c’est très choli. Un p’tit coup d’œil au village fortifié puis on se met bien à la pizzeria. Vous comprendrez que je ne cherche pas particulièrement ici à éduquer le lecteur qui, sans nul doute, trouvera cette description quelque peu succincte, voire réductrice mais surtout à retranscrire l’émotion. Et là, le lecteur finaud remarquera surement que l’émotion collective post journée vélo était concentrée dans la pizza à venir.

Langres

Langres

Ah ! Les samedi soir après avoir pédalé autant de bornes, un vrai plaisir. On est lessivé, on est bien. On discute de choses plutôt pas forcément toujours recherchées car à quoi bon ? Mais surtout on chill sévère ! Et après ce repas, on a plus qu’à chercher un endroit où dormir, près du lac de La Liez.

La nuit est presque tombée quand nous sortons du restaurant. La vue depuis les remparts de Langres est très belle. Le lac de Liez est proche. Après quelques hésitations, nous posons les vélos et commençons à monter les tentes sur les rives du lac. Le feu crépite rapidement grâce à la maitrise du Bam Bam. Maitrise, impatience, ou les deux. Car notre fier compère n’attend qu’une seule chose depuis le départ de la pizzeria : les saucisses grillées! Pas besoin de faire remarquer à notre finaud lecteur que nous avions acheté des saucisses avant de finalement manger dans un restaurant. Ce qui pourrait a première vue (et à quelques suivantes aussi) paraitre incohérent, se révèle finalement plutôt intelligent. Une bonne saucisse, une bonne bière. Une bonne bière, une bonne saucisse. C’est mathématique, c’est logique, c’est rationnel. On se met bien t’as vu.

Barbeq

Barbeq

Ensuite c’est dodo. J’ai la chance de partager ma tente avec le gros bambam. Moi qui rêvais de romantisme, me voilà servi. Monsieur prend toute la place sans grande gêne. Bref, belle nuit.

Au réveil, grand, beau, magnifique soleil ! Ça brille de mille feux ! On s’enfile brioche et jus, et nous voilà prêt. Nous n’oublions pas de passer admirer les merveilles de la nature humaine : Raph, franchement, wow.

Bord du lac de la Liez au matin

Bord du lac de la Liez au matin

Cette journée sera assez intense. Nous suivons le canal qui remonte de Langres à Saint Dizier. C’est plat, mais c’est long ! On doit avoir environ 110km à faire, et un train à prendre à 18h37, pas le temps de trainer. Le chemin près du canal n’est pas optimal pour les vélos de courses, ça vibre dans tous les sens et les ornières sont parfois un peu rudes. Mon valeureux Zoran, lui, tient la route comme toujours et ne se plaint jamais. Le temps est vraiment agréable et les paysages le sont tout autant. Une pause midi un peu trop courte (on nous sucre la sieste, et si ça continue, qu’est-ce qui restera pour nos enfants ?! c’est une honte !) permet à l’intrépide Bam de se tremper dans la Marne. Nous voilà déjà reparti, les jambes lourdes. Ca déroule. Raph fait son beau et offre son corps à dame nature qui darde ses rayons dorés dans notre direction. Pas vraiment le temps de s’arrêter pour se poser. Alors que nous approchons de Saint Dizier, et que le timing est bien serré, Bam Bam (c’est la 3e fois que je le cite celui-là), décide de crever pour nous ralentir. Mais en bon professionnel, nous réagissons au quart de tour et PAF ! La roue est changée. On arrive au train et on a même le temps d’envoyer Baudouin et Cécile en éclaireur pour nous acheter des trucs à manger !

Le long du Canal

Le long du Canal

Le péril jeune

Le péril jeune

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Crevage du Bam

Encore une fois le trajet de retour est bien bon. On est crevé, on discute, Raph en profite pour ressortir un de ces livres dont il a le secret : « Mise en perspective de la philosophie Chrétienne au travers du prisme musulman durant le 13e siècle » ou bien encore « Classes sociales : limites d’un système analytique dépassé par les causes de sa renaissance». C’est un secret de polichinelle mais je dois quand même vous dire que l’intéressé, en plus de ne rien comprendre à ce genre de bouquins, ne prend pas non plus la peine de les lire. Alors peut-être qu’il décidera un jour de laisser tomber et d’arrêter d’essayer de nous impressionner…qui sait ? En tout cas il a créé des vocations car nous avons récemment vu son compère le Big Bam sortir un livre au titre éloquent : « le développement de cellules infectieuses dans un environnement sanus corpore etam lingeria cassus, et l’impact de la michrosondrie sur le système décimal ». Son boulot parait assez high level à celui-là. Y en a marre des bourgeois intellos ! Je vous quitte donc là dessus et en vous précisant que le reste du voyage s’est bien passé.

Bises

Charles

Charlox et ses deux sacoches pleines

Charlox et ses deux sacoches pleines

Beauté du canal

Beauté du canal

Quatre bonhommes

Quatre bonhommes

Bam renifle son doigt laissant Baudoin indifférent

Bam renifle son doigt laissant Baudoin indifférent

Couple of the year

Couple of the year

Le péril jeune

Le péril jeune

GIVET – LAON : DES ARDENNES ET DE LA THIERACHE

Distance : 172 kms

Date : du 28/01/2013 au 29/01/2013

Gens : BamBam, Rapha, Riton, Charlox.

Premier jour : de Givet à Charleville-Mézières, 84 kms

Deuxième jour : de Charleville-Mézières à Laon, 104 kms

Nous sommes partis à 4 : Bam Bam et Tinazzi, Raph et Black Swagg, Riton et l’âme de Russel et enfin Charlox et le fidèle Zoran.

Destination Givet, en wallon « Djivet ». Une commune française située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne. Ses habitants sont les Givetois. Cinquième ville du département des Ardennes, Givet est la dernière ville fluviale située sur la Meuse avant la Belgique. Au cœur de l’Ardenne et historiquement située dans la région de langue wallonne, la ville frontalière occupe, de par sa position stratégique, un site géographique remarquable qui lui a laissé un patrimoine urbain et historique important. Givet est connue pour sa Foire aux Oignons le 11 novembre, pendant laquelle les rues sont animées par des marchands et la fête foraine sur les deux places. Bref on est allé à Givet !

Puis départ en vélo à travers les Ardennes enneigées de la Fat Belgique. Nos mains sont gelées et nos gorges sont roques mais nous commençons l’ascension. Bam-Bam et Raph en tête, suivi de plus ou moins près par Riton et Charlox (dit l’infatigable imitant la crevaison d’un pneu de Riton pendant… longtemps).

La neige nous environne de plus en plus et nous déjeunons près d’un chalet, les pieds dans la neige. La chaleur de l’effort nous permet de manger sereinement (et le vin aide aussi !). Nous repartons environnés de neige et de forêt. Une grande descente nous fera quitter les Ardennes et la Belgique.

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Pause Dej Nej

 

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You Shall Not Pass

Nous arrivons finalement sous une petite pluie à Charleville Mézières. Nous allons diner dans un restaurant marocain et passons la nuit dans un petit hôtel à 4 dans une chambre. Après une nuit agitée, en effet Raph parle et Charlox chante quand ils dorment, nous repartons.

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Nous avons trouvé la voie

Le terrain est plat, le ciel est gris et les pieds pédalent ! Nous progressons à bonne allure. Nous passons à coté de plusieurs églises fortifiées de Thiérache.

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Eglise fortifiée en Thiérache

Nous apercevons la butte de Laon à plus de 80km de distance mais la pluie menace. Nous nous équipons de nos manteaux, la pluie se met à tomber dru et finalement Charlox doit enlever sa magnifique cape de pluie en forme de voile. Nous atteignons les faubourgs de Laon, et devons encore monter la butte. Nous visitons la Fat Cathédrale avec ses gargouilles en forme de Rhinocéros et d’Hippopotame, lol.

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A Laon, nous envisageons la plaine environnante

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Fat Gargouille Rhino !

Nous finissons par une (ou deux) bière(s) local dans un super bar. Nous redescendons vers la gare sous la plus grosse pluie de grêle de nos vies (visibilité moins de 2 m à fond en vélo avec les grêlons qui fouettent le visage!).

Après avoir débattu pour savoir si on se faisait 150 km pour aller directement à paris en bike (il s’en est fallu de peu) on prend finalement le train pour repartir sur Panam.

Riton

AVALLON – NEVERS : MORVANT SOUS LA NEIGE

172 kms en 2 jours – Janvier 2013

Gens : Louma, BamBam, Rapha.

Premier jour : d’Avallon à Château-Chinon, 80 kms

 

Deuxième Jour : de Château-Chinon à Nevers, 92 kms

 

Janvier 2013. Je viens d’acquérir un nouveau vélo : un forme 5 de chez décathlon. Je décide de le baptiser « Black Swag », rapport à sa couleur noire et à son style inimitable. Un beau canasson racé comme on en voit rarement. Fier sur mon destrier, je pars avec Louma et Bambam sur les routes du Morvan défier l’hiver et son climat rugueux.

On part de Paris pour Avallon le samedi matin. On arrive sur les coups de 10h. Après quelques courses à l’hypermarché (que de merveilles en ce temple sacré !), on met plein gaz vers Vézelay. Après une ou deux côtes plutôt sévères, je me fais du souci : malgré la récente acquisition de mon vélo, Louma et Bambam me devance fortement… A croire que le matos ne fait pas tout. Je garde mon rythme pour ne pas finir sur les rotules à la fin du Week-end. Espacée sur 48h, la bataille qui se livre entre nous est avant tout stratégique. Je sens que Bambam et son ‘Tinazi ne tiendront pas la durée…

A midi, on arrive au sanctuaire de Vézelay. Après une visite dans la très belle église qui servit de départ pour les croisades prêchées par Saint-Bernard (c’est ce dont je crois me souvenir), on se pose dans le froid hivernal pour casser la croûte arrosée d’une petite bouteille de pif. Malheur aux étourdis, nous avions oublié le tire-bouchon ! Après quelques tentatives de sabrage mal maîtrisées, on finit par loger le cul de la bouteille dans une chaussure et taper une bonne quarantaine de coups contre la pierre. Lentement mais surement, le bouchon s’échappe du goulot. On savoure ensuite le petit vin du franprix.

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On repart ensuite sur les routes en prenant plein sud vers Château-chinon, notre destination pour le soir. C’est là que ça commence à devenir amusant : au bout d’une demi-heure, il se met à neiger. Et c’est lorsqu’on attaque les montées que ça devient vraiment coton. La neige s’accroche aux penus qui ne s’accrochent plus à rien. Le roues dérapent et l’on galère sévère. La petite montée qui aurait du passer tranquillement se révèle un véritable calvaire. Entre l’énergie qu’on dépense pour garder notre corps à la bonne température et celle qui est brûlée pour nous permettre d’avancer, on est vite K.O. On s’arrête au bout de quelques kilomètres pour dévorer les quelques snickers qui nous restent.

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Heureusement pour nous, la neige se raréfie puis disparaît complétement. Il n’empêche qu’on en est pas moins fatigué et que les derniers kilomètres sont durs à avaler. J’entends encore Bambam sur son ‘Tinazi jurer comme un chartier au milieu de la montée. Faut dire qu’avec sa pièce de collection de 1967, il n’a qu’un seul plateau opérationnel pour défier le relief !

On finit par arriver à Château-chinon et par bonheur il reste une chambre pour 3 personnes (dont un lit d’appoint) au Lion d’or. Après avoir avalé un solide digestif, on s’effondre dans nos lits à 22h.

Le lendemain, lever 9h. Alors qu’on devait initialement repartir dans les collines du Morvan pour rejoindre Avallon, on décide plutôt de redescendre vers les plaines qui mènent à Nevers.Il pleuviote un peu mais ça reste gentillet. On emprunte dans un premier temps un petit chemin forestier qui descend plus ou moins abruptement (failli me péter la gueule !).

Une fois qu’on est sur le plat, c’est le bonheur ! Ca trace beaucoup plus que la veille. On avale les kilomètres comme des bons petits macarons. Pour midi, on fait halte dans un bar tenu par un Français qui a vécu 20 ans en Afrique du Sud. La petite mousse et l’accent du patron quand il parle anglais nous font un bien fou. On arrive finalement assez tôt à notre destination : Decize. Le seul problème, c’est que le prochain train est dans 3h. Ca fait long à attendre dans cette ville que pas grand-chose anime. On décide donc de rejoindre Nevers qui se trouve à 42 km de là.

On met alors en place une formation de cyclistes professionnels. On se suit tous les 3 et tous les 5 km on se relaie en tête du peloton. Le premier prend le vent et les autres « sucent » sa roue. Ca file mon vieux, ça file ! En un peu moins de 2h on est rendu à destination. En arrivant en ville un petit kéké sur son scooter se vautre devant nous sur un rond point. A croire qu’on aurait pas respecté le code de la route. On arrive 40 minutes avant le prochain train pour Paris, le timing est parfait.

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Dernière petite pépite sur le trajet du retour. Quatre minutes avant que le train ne parte, nous étions toujours en train de préparer notre sac avec Bambam. Louma, qui était fin prêt nous dit : « Vous êtes relous les mecs, on va louper le train, moi je monte dedans. » On finit par monter aussi 2 minutes avant le départ du train. Une fois à l’intérieur, Louma m’appelle sur mon portable : « Ouai Raph : tu peux demander aux gens, je crois qu’on s’est gouré de train, celui-ci part vers Clermont-Ferrand ». On demande à différentes personnes qui nous rassurent : notre train part bien à Paris. Et là de nous rendre compte : Louma s’était juste planté de train et avait pris celui qui partait dans la direction opposée ! Gloire à cet esprit supérieur ! Peu d’hommes sont capables de telles prouesses ! Bonheur et fécondité sur sa maison à jamais. Il avait quand même frappé très fort sur ce coup-là. Et pour ne rien arranger auprès du contrôleur, c’est moi qui avait ses billets…

Heureusement, il a pu sortir au prochain arrêt qui n’était pas si loin de Nevers et embarquer dans le prochain train pour Paris, là où tout commence et tout finit.

Rapha