HENDAYE – PERPIGNAN : LA TRAVERSEE DES PYRENNEES

Gens : Louise, Louma, Papa, Raph

 

Day 1 22/07/2013

Et voilà la première à écrire dans le carnet : c’est moi = J’ai bien envie de faire penser que c’est parce que j’arrive la première à l’arrivée mais il y a comme un petit quelque chose qui me retient… Mais si c’est pas la première à l’arrivée, c’est la première à la douche ! Et tout ça grâce à Louma et Vianney qui sont partis chasser le mammouth après une journée épuisante. Sur la table devant moi toutes les bonnes choses du festin de ce soir : melon, saucisson, formage et bien sûr, à boire pour accompagner. De mon côté, j’estime avoir amplement mérité ce repas de roi que je ne suis pas allée chercher. Levés à l’aube, on a voulu rattraper le retard d’hier (la faute aux trains et aux contrôleurs SNCF peu compréhensifs) nous avons commencé à pédaler vers 16h30 pour s’envoyer, pour le goûter, 60 kms. Camping de nuit et flotte averse. Emerveillement d’être en Espagne. Oui, mais on avait prévu 80 kms pour l’étape 1. On rattrapera le lendemain. Toute façon ce qui compte, comme dit Rapha, c’est pas les kilomètres mais le dénivelé. Je vais vite le comprendre à mes dépends… Quatre cols dans la même journée dont le plus haute à 1327m d’altitude. Finalement, pour résumer, il s’agit de monter pour redescendre. Une question à laquelle je cherche encore une réponse : POURQUOI ?

Louise

Day 2 23/07/2013

Erratzy – Saint-Angrace

On démarre à 300 m du camping espagnol d’errazu pour monter un col matinal jusqu’à 600m. Arrivé en haut, c’est la brume complète. Elle Se dissipe peu à peu pour laisser place à un paysage magnifique : des flancs de montagne qui se découpent pour laisser filer des volutes de vapeur. La petite route qui descend au fond de la vallée vaut aussi le détour, elle semble tailler dans la roche par une main étrangement surhumaine.

En bas de vallée, nous faisons étape à l’Intermarché pour un petit déjeuner digne de ce nom. On enchaîne avec St Jean Pied de port et St Jean le vieux.

Après quelques réglages de vélo et une tentative de se procurer de la poudre magique à la pharmacie, on attaque le col de l’Iraty : on démarre à 350 m pour finir à 1327m. Les premiers kms sont destructeurs : 10 à 11% en moyenne. Ca nous calme sévère. On fait une pause à un premier faux col à 780 m. Puis c’est reparti dans la montée. On atteint un deuxième faux col à 1150 m ou l’on s’arrête pour manger ; On goûte deux fromages basques de la meilleure facture. Le bide plein, c’est une sieste au bord de la route qui nous attend. Fait étonnant : une voiture déclenche son alarme pas moins de 5 fois en l’espace d’une demi-heure. Nous maudissons intérieurement cette hypersensibilité mais nous gardons notre calme en bons disciples de Sénèque : « Qui vadis in pacem, remitancia folkloribus ». Nous nous rendons compte à quel point philosophie et art de vivre sont liés. Pourquoi vouloir séparer ce qui par nature est fait de la même étoffe. Nous nous fourvoyons bien trop souvent dans des querelles stériles de clocher.

En attendant, nous parvenons en haut du col de l’iraty. Hélas nous sommes ne plein nuage. Nous descendons à l’aveuglette une pente sacrément pentue.

Nous suivons une jolie rivière qui chante la félicité d’un cours d’eau qui ne se ment pas à lui-même. « Ma vie est simple mais elle satisfait amplement » semble-t-il dire. Nous obliquons à droite pour remonter vers Saint Angrace ou nous allons camper à crédit. C’est une bonne technique que de se présenter comme des cyclistes sans le sou pour obtenir un paiement reporté de nos échéances. Nous utiliserons ce stratagème par la suite.

Pour le diner, c’est assez royal : Leffe, pinard, 2 saucissons et fromage. Ma que bueno ! On s’endort, avec la bonne conscience du travail accompli.

Raphael

24/07/2013

Bon je me rappelle pas exactement de ce qu’on a fait, en espérant que ça me revienne sur le tas. On a bien crapahuté aujourd’hui : lever 5h00 pile à une demi-heure près. Enfin na ça c’est demain, je me suis gouré de jour, je recommence : lever plus cool 6h, et on se met tranquillement en jambe avec le col de Suscousse, où on émerge de la brume qui nous gâchait le soleil jusque-là. Ce ne qu’une étape (1216m) avant l’objectif de la matinée, le col du Soudet à 1540 m. Après le suscousse, Raphael perd sa pédale gauche en pleine montée et la retrouve rapidement, fixée à son pied mais plus au vélo… Pas de souci, le Padre est là, nous répare tout ça en 2 coups de manivelle et nous sortons de la forêt. On domine alors la mer de nuages, ce que je fais remarquer à Rapha, qui n’avait pas voulu me croire quand je lui avais prédis la chose au fond de la vallée. Le col est entouré de pâturage que nous traversons avant la désormais classique photo devant le panneau (du col). La route continue avec à droit l’Espagne, ses taureaux, ses chorizos et sa crise économique et à gauche notre douce France. C’est en pente, nous restons donc au pays. Descente au milieu des bois puis le long d’une rivière jusqu’à Lourdios-Ichère ou nous terminons le Chorizo à côté d’ouvriers de la route parlant et riant aussi fort que leur accent du sud. On embraye sur le col d’Ichère t ses tranquilles 680m, où nous croisons deux amis cyclistes, la soixantaine, en passe de terminer Perpignan-Hendaye par les Pyrénées. L’homme nous raconte ses différentes galères et les cols les plus à craindre, notamment celui où l’on retrouve tous les cyclistes à terre à l’arrivée. A vérifier : le gars avait l’accent du sud…

La journée se termine sur les premiers kilomètres de la Marie Blanque et ses 14% hors catégorie. Le camping est désert et très bien situé près d’un torrent et avec une vue bien dégagée sur tout un flanc de montagne. Eux non plus ne prennent pas la carte. On se couche tôt après un solide riz-thon-maïs-pâté. La journée de demain s’annonce chargée !

Louma

25/07/2013

Flash-back le 24 au soir :

Raphael : « Bon demain, on y va sérieux, il y a la Marie Blanque, l’Aubisque et le Soulor. Lever 5h, pas d’objections ?

La foule : « Oh oui 5h ! »

Raphael : « Et c’est moi qui vous réveille, vu ? »

Le 25

5h : zzzzzzzz

5h10 : zzzzzzzz

5h20 : zzzzzzzz

5h30 :

Louise : « Rafiki,  il est 5h30, faut se lever ! »

Raphael : « Hein, quoi ? »

5h45

Raphael : « Allez, tout le monde debout là-dedans, avec le temps que vous mettez à vous préparer, on va être à la bourre… »

Montée de Marie Blanque, il nous reste 4 kms du genre 10% – 13 %. Les cuisses s’arquent en soubresauts cataleptiques. Je veux parler des cuisses de ceux qui sont restés sur leur selle car R&L préfèrent le contact rassurant de la terre ferme sous leurs semelles. La Marie Planque en quelque sorte.

Mais ils nous retrouvent pour la descente après un plateau digne du Seigneur des Anneaux, même que Louise est émerveillée par le pittoresque village de Biffle, comme on dit couler une biffle ou encore la biffle de Cadix à l’essieu de velours.

Après le bucolique desayuno sur le parking de l’inoxydable Intermarché (Lvurs ce coup-ci), nous tendons vers l’AUBISQUE. Non sans que votre serviteur n’ait fait entrer de gré ou de force des morceaux de potion magique dans les bidons. Même que Louise en redemande.

Et là, le revirement du Tour. Raphael, moribond quelques heures plus tôt avale les pentes sèches et drues, fait fi de toute pause déjeuner à Gourette et s’envoie un final d’anthologie qui le voit franchir notre premier col « Hors Catégorie » (Yes beyond categorie, fuera bandas e tutti quanti) en avançant sous les vivats de la colonie espagnole du jour.

Après ce ne furent que délices en cascade, un solide sandwich coca à la terrasse de l’auberge de l’Aubisque, un petit coup de Soulors pour se rappeler les lois de la gravité, une descente à la pente qui fuit à travers gorges et paysages majestueux, et l’arrivée à Lou Balagnes au camping ***** du Louvedeau à 15h30 pour profiter de la piscine et d’une ventrée de pâtes bolognaises. Et pour nous rappeler que la perfection n’est pas de ce monde, on nous annonce une animation « soirée karaoké » dans le camping ce soir…

Et Louma dans tout ça me direz-vous. Eh bien, un Louma normalement constitué fait la sieste. Comme il n y a aucun arrêt dédié à cet effet en ce 4e jour de notre Geste, il a dormi sur son vélo et guidé par son instinct infaillible a suivi la cohorte jusqu’à bon port. A suivre pour de nouvelles aventures avec peut-être un bout de vtt…

Vianney

26/07, il est 22h08 au camping municipal d’Arrau

Le jour de tous les défis, l’étape tant redoutée du Tour de France est finalement arrivée ! Et voilà que se termine donc une ENORME journée au cours de laquelle nous avons grimpé en cumulé plus de 2400 m de dénivelé. Un départ pile à l’heure laissait présager de grosses performances à venir. Nous n’avons pas failli.

On est venu à bout du Tourmalet en 3h30 d’efforts ; de souffrance et de douleur (quel plaisir ?). A vrai dire, les débuts de ce col ne m’ont guère enchantée car jonchés de gravillon et de tractopelle gigantesques sur une route bloquée où les voitures passaient quand même. Pour tout paysage, la désolation de l’après inondation (compain ravagé, barrage cassé, etc.). Bref, je n’étais pas franchement emballée. Surtout que suite à l’annonce du col fermé la veille, je m’étais déjà mis en tête un changement de programme de dernière minute favorable à une journée sieste, repos et coca frais. Enfin bon. Une fois lancée à 1500 m environ, les choses changent. Vue dégagée et peu de passage. On peut enfin respirer et apprécier e qu’il y a autour. Une petite binouze en haut du col pour fêter la victoire. Tout juste le temps de se demander en combien d’heures les pros franchissent le col pendant le Tour de France… (Heureusement que la réponse, 40 min, n’est venue que bien plus tard. On reste fiers et dignes néanmoins).

Et puis après, c’est finalement relativement classique : une grosse descente, un bon restau avec es très bonnes frites et une serveuse qui n’aimait pas que Raph prenne trop ses aises. Une sieste bien réconfortante. Toujours les mêmes qui ronflent. Et, bien sûr, comme si ça ne suffisait pas, on enchaîne avec un deuxième col (moins haut, certes, mais ça fait mal quand même !) Louma et moi parlons un peu philosophie dans les côtes à 9% pendant que Vianney teste ses limites et celles de ses machines en grimpant à la vitesse de l’éclair, et que Raph se traine…

A l’arrivée, le paysage est vraiment canon et me ferait presque admettre que ça vaut bien la montée (mais quand même….).

Encore un repas de roi une fois au camping municipal (dans lequel il y aurait une piscine d’après la carte). Pas la force d’aller vérifier ce soir mais nous explorerons demain les environs. De quoi arroser nos saucissons et nos fromages ce que met Rapha en joie et qui nous fait bien rire. Sur le point d’aller me coucher, je me remémore toutes étapes et me surprends encore à avoir tenu jusque-là. C’est donc vrai que le corps s’habitue vite. Ce qui me paraissait insurmontable les premiers jours s’apparente presque à une routine Je vois que le plus dur désormais, et, s’il n’y avait pas cette journée de repos au programme de demain, j’en viendrais presque à corser un peu plus les étapes pour se fixer de nouveaux défis.

Ah oui, parce que Rapha ait semblant de galérer un peu dans les montées. Il me laisse passer devant, soi-disant que je vais beaucoup plus vite que lui… Bref, il me dit que je suis trop forte pour me rassurer. Et ça marche !

Louise

28/07 Arreau – Arreau

Aujourd’hui, c’était Sabbat. On a respecté la règle juive en se limitant  350 pas. Par contre, on a du se taper 350 mètres de dénivelé en accéléré pour atteindre la synagogue à Bareilles. Vu qu’on était pas parti spécialement en avance, on a du tracer dans le dénivelé, ce qui a eu pour conséquence directe de nous transformer en ruisseau de sueur au moment de s’asseoir sur les bancs de l’ecclesia. Enorme fou-rire au moment de rentrer dans l’église en plein milieu de la messe, ce qui nous oblige à ressortir pour nous calmer.

Sinon, on s’est levé tranquillement après une nuit de 10 à 12h selon les besoins. Fat petit dej au resto dénommé Londres. Puis glandouillage dans la piscine en train de lire les nouvelles dans les journaux fraichement achetés. Chacun a choisi son journal en fonction de sa disponibilité cérébrale  l’Equipe Mag pour Papa, Marianne pour Louise, Le monde pour Louma, et Philosophie magasine pour moi. J’ai l’article sur la rhétorique aristotélicienne un peu creux.

Gros barbecue à midi au coin du feu qui avait du mal à cuire nos brochettes et nos côtes de bœuf. Sieste puis repiscine.

Mon dieu, que c’est bon de ne rien faire ! Nos cuisses s’unissent à nos entre-jambes pour nous remercier de ne plus les solliciter. On sent qu’après les dernières grosses étapes, on avait besoin de se poser.

Demain on repart pour la deuxième semaine, Mais maintenant on est rôdé, ça va se faire finger in the nose.

Rapha

29/07 Arreau – St-Béa

C’était la journée du bonnet d’âne avec les deux oreilles formées par le col d’Azet et de Peyregourde.

On s’est bien touché. Départ classique, Rapha me fait des remarques comme quoi je suis encore en retard puis nous fait perdre une bonne heure en « arrachant » la valve de sa chambre à air alors qu’il tentait de regonfler son pneu… Un mec fin, délicat, etc.

Ensuite, le col d’Azet, rien de très remarquable si ce n’est les 12 crêpes à 5 € qui valent bien les 800m de dénivelé à la fraîche. Rien de notable pour ce col, par contre on retiendra le village bien campé sur les hauteurs au milieu de ses montagnes un coin magnifique, le genre de coin qui vous donne envie e tout plaquer pour 15 jours au moins. Après ça pourrait devenir ennuyeux.

Là je me rends compte que les crêpes c’était à Peyresourde par contre le village est bien celui d’Azet.

Vu qu’on était chaud, on s’est fait Azet, on est descendu dans la vallée, petit tour du lac offert par Louise qui se trompe de chemin et puis on en enchaîne  cash pour Peyresourde qu’on avait pu jauger depuis Azet.

Deux cols d’affilé, et très respectable ; on avait jamais fait ça. On est trop chauds et c’est que le début.

Grosse départementale qui tâche pour finir à St Béat. Ou je me paie une panique passagère en voyant la ruine qui remplace le camping. Comme à l’entrée du Tourmalet, tout a été détruit par la Garonne en furie. D’ailleurs c’est simple, il n’y plus rien en ville sauf un pizzaiolo ambulant et un vendeur de saucisson. Tout le reste est fermé après avoir été transitoirement englouti par les eaux.

Ca calme. On dégotte une sorte de gîte pour notre 1er soir en dur depuis le début du périple. Positif !

Louma

Le 29/07

St Béat – Laserre

Ah, fi de tente nomade à plier, fi de contorsions pour se vêtir, plénitude d’une douche matitudinale… A croire que le camping est fait pour cette sorte de gens chère au Baron von Masoch qui trouve leur content dans les tribulations.

Même pas doit aux trépignements de la jeune génération, fin prête et harnachée pendant que la vieillerie donne du temps au temps.

La dite vieillerie ne pouvant éviter malgré tout quelque offrande à chronos en oubliant son couvre-chef (ou autre chose, de toute façon, elle ne se souvient plus…).

Après un copieux 1er (petit) déj en centre-ville fantôme à l’attaque du col d’Azet, pour le lever de rideau (hum quelle finesse…) Je me souviens que ça grimpait. ERROR – FAILED DIRECTORY

Reprenons, du col de Menté, une petite douceur avalée forts de nos tartines gargantuesques que nos estomacs à la pointe de convextension ont stockées quelques instants plus tôt.

Il faut dire que 850m de dénivelé, cela méritait quelques tartines beurrées et surtout 8 pizzas au col avec 1 bière et 1 bouteille de rosé.

Après ça, le Portel d’Aspet n’est qu’une formalité de 400m avant d’aborder la piste menant chez AM2LIE ;

Elle et Cédric nous reçoivent avec les petits (plats) dans les grands 5RELIEFS. Nous apprécions grandement un diner de tortillons de pasas et de découpades de légumes dans une sauce de betterave au chèvre de couleur british.

Nous avons découvert pourquoi sciure rimait avec chiure et avons bénéficié d’une nuit sous un toit et sur un vrai matelas avant un petit déjeuner simple mais soutenu par un pain fait maison avec tout le savoir-faire boulanger d’Amélie (qui nous a gratifiés d’un autre produit de ses fournées, constellé de grains de raisin pour la journée, sur lequel Louise s’est appliquée à étendre un Nutella Bio défiant les lois de l’apesanteur.

Vianney

Le 30/07

Au camping 4 étoiles du Pré-Lombard où ce mardi, c’est soirée Paëlla et las Vegas wedding. Tout un programme !

Alors c’est à moi de relater une étape très difficile.

A vrai dire, la plus difficile jusqu’à présent. : 91 kms de distance et + 3000m de dénivelé. Ils savent à qui ils ont à faire

En fait, ce qui nous a mis un peu dedans (même si ne l’est jamais vraiment), c’est le raccord de chez Amélie à Seix, où l’étape officielle de la journée commençait. Petit chemin merveilleux en altitude. Ce qui signifie vitesse réduite : route/chemin un peu chaotique, orientation aléatoire et causette dissipée. Bref ces 25 kms de bonus nous ont bien bris 2h30 en plus.

Et ça fait la différence parce que l’étape initiale n’était pas des plus courtes non plus. On commence par un petit col à 110 m puis on s’arrête pour un deuxième pet dej à base de Fanta citron de pain énergétique et de viennoiserie. Dur de redécoller, il fait déjà bien chaud et le plus dur reste à faire ! On longe un instant la rivière pour partir à l’assaut du vertigineux col d’Agnès à 1580m (800 de dénivelé). Louma et moi sommes loin devant. J’essaie de coller Louma pour profiter de l’aspiration comme une pro, je suis concentrée, prêt à affronter le monstre, j’ai peur de rien, je pédale, je pédale, je pédale… et je m’oublie un peu : ça fait 3 kms qu’on a loupé l’intersection à laquelle il fallait prendre à gauche. Bon. Faute à Louma qui ne s’arrête pas. Il comptait sur moi l’imbécile ! Par chance, j’ai eu l’intuition de checker le GPS à mon guidon à ce moment-là, sinon on était parti pour l’Espagne ! Enfin du coup, on a fait la montée côte à côte, solidaire dans l’échec. Ave les deux autres loin devant qui nous pensaient déjà arrivés.

Je viens de m’apercevoir que je me suis planté dans le cours du récit. Après le 2e dej à Seix, c’est l’ascension du 1er col (1110 m) qu’on a fait ensemble avec Louma. D’ailleurs, je ne referai plus cette erreur. Louma monte vite et ne fait pas de pause !

Bon je reprends. On retrouve les deux loustics en haut du 1er col, on redescend (il fait froid dans les descentes). Puis 2e col  Très long celui-là et sous le cagnard. Montée raide dans les premiers kilomètres surtout. Je sens que j’ai besoin d’y aller à mon rythme, alors ce sera une montée en solitaire. En haut la vue est magnifique. Mais il est 14h et on crève de faim alors on descend fissa en direction d’un lac (à 1200m environ d’altitude) où se trouve le restau de montagne qui nous accueillera. Boissons réconfortantes (ils ont même le précieux coca light), frites, fromage de brebis et pain artisanal made by Amélie hyper énergétique. Il est 16h mais la sieste est indispensable. C’est très dur de trouver un coin d’ombre mais on s’acharne. Il nous reste 300 m de dénivelé (dernier col) et une très longue descente. Cette dernière partie, assez douce, est agréable, après tous ces efforts. Beaucoup de parapentes qui nous font envie.

A l’heure où j’écris, les tubes des années 60 sont diffusés dans les enceintes du camping. C’est la fête à Pré Lombard et notre nuit s’annonce courte.

PS : Après tous ces jours de vélo, je crois pouvoir affirmer qu’un bon cycliste se différencie d’un moins bon cycliste par un faisceau d’indices

  • Ceux qui ne retirent par leur casque dans les montées
  • Ceux qui pédalent même dans les descentes
  • Ceux qui changent de pied d’appui en fonction du sens du virage

Vianney satisfait ces 3 critères.

Louise

31/07 Tarascon sur Ariège – Querigut

On a mis au point un plan antinational pour éviter de trop souffrir sur la voie rapide allant de Tarascon sur Ariège à Ax-les-Thermes. Au début on pensait emprunter une petite route juste au-dessus de la nationale. Mais on s’est rendu compte que ça allait nous demander beaucoup d’efforts. Du coup on s’est rabattu sur un départ tôt : 6h45. 1 min après le lever du soleil.

Alors qu’on roulait sur un tronçon de départementale du côté des Cabannes, le drame se produit : fauché en pleine montée par un coup de jarret en petite vitesse, le dérailleur de papa casse net. Propre et sans bavure, l’accident technique est sans appel : la pièce doit être changée. Cette fois-ci, le scotch ne pourra malheureusement nous tirer d’embarras.

Et c’est à l’aune de cet imprévu handicapant le plus rapide de nos destriers que nous avons pu mesurer le degré de maturité que nous avions atteint. La cruelle séparation entre celui qui partait réparer sa monture et ceux qui poursuivaient la route auraient pu être fatale à notre groupe hétéroclite. Mais c’était sans compter sur les liens solides qui se sont tissés presque malgré nous entre nos destinées. Un dérailleur qui case ? Qu’à cela ne tienne ! Nous sommes plus forts, plus beaux, et plus endurcis que jamais.

Pendant que Papa rejoint Foix en train puis St Girons en taxi, nous profitions des cures thermales d’Ax. Frigidarium, Vaporium, hammam et bains irlandais nous délassent et nous endorment à petit feu. C’est à 15h, lorsque le soleil tape encore fort dans le ciel que nous décidons de partir sans attendre papa. Au programme le col de Jaillères. Pas moins de 1300 m de dénivelé pour atteindre les 2001 m d’altitude.

La montée est très longue sous le cagnard. Au bout de trois heures d’effort, nous rejoignons finalement Louma en haut du col car ce gredin avait pris un peu d’avance. Là-haut c’est une magnifique vue à 360°C que nous contemplons.

On repart de plus belle pour atteindre le camping de Querigut au plus tôt. Nous y parvenons finalement dans les environs de 19h. Papa nous rejoint à 20h15. On s’envoie un petit festin dont une salade dans un saladier. Louise is happy ! On s’endort dans la fraicheur de la nuit avec ce sentiment d’abandon que seuls ceux qui viennent d’accomplir un exploit physique peuvent comprendre.

Querigut à chez Vinciane

Chez Vinciane à Perpignan

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